Des différents réseaux sociaux et de leur usage
Je réagis ce matin à l’article de l’excellent Jacques Froissant, publié sur 01Net hier, dans lequel Jacques nous conseille de ne pas mélanger vie pro et vie perso en ligne, en doublant par exemple ses profils pour cloisonner ces deux facettes de notre vie.
Dans l’échange en 140 caractères qui a suivi sur Twitter, je lui ai exprimé mon désaccord, argumentant que ce qui n’est pas assumable professionnellement ne doit tout bonnement jamais être publié, ce à quoi Jacques répondait qu’il y avait des éléments qu’on n’avait pas nécessairement envie de partager avec tout le monde.
Twitter ne nous laissant guère le loisir d’exprimer et d’argumenter longuement, me voici à écrire un article pour exprimer le fond de ma pensée, pas forcément très éloignée de l’idée de cloisonnement soulevée par Jacques.
La première chose que je dis à mes élèves lorsque nous abordons les notions de réseaux sociaux et de vie privée, c’est que quoi qu’ils publient, même sur des espaces protégés, ils doivent toujours veiller à ce que ces contenus n’offensent personne et ne puissent leur porter préjudice, maintenant ou à l’avenir.
Il est des sites avec des usages spécifiques : Viadéo et Linkedin sont des vitrines professionnelles suffisantes pour mettre en avant ses compétences professionnelles, Hello Tipi permet de partager de manière très privée ses photos de famille, ipernity offre la possibilité de publier articles, photos et vidéos et d’accorder à chaque élément un accès uniquement aux membres de son réseau ou de sa famille, Picasaweb est très efficace pour stocker des albums de vacances et les partager uniquement avec des amis choisis…
Un seul et même profil, une identité réelle, suffit donc à gérer différentes facettes de sa vie grâce à différents services.
Certes, il y a le cas Facebook, où l’on mêle allègrement tout ce petit monde, sans vraiment faire le distinguo entre vie privée et vie professionnelle. Mais Facebook est doté de fonctionnalités qui permettent de segmenter ses contacts et d’éviter que les relations professionnelles accèdent à des informations trop personnelles.
Pour ma part, j’ai le parti-pris suivant : mon Facebook est privé, visible uniquement aux contacts que j’ai ajoutés, qui voient par défaut l’ensemble de mes publications, exceptés certains albums photos familiaux dont je réserve l’accès à mes proches. Je n’ai ajouté à mes contacts que des personnes clairement identifiées et quand bien même mon profil deviendrait public par inadvertance, rien de ce que je publie n’est réputé choquant ou insultant.
En ce qui concerne Twitter, je peux effectivement comprendre l’intérêt d’avoir plusieurs comptes, pas tant pour séparer vie privée de vie professionnelle, mais pour conserver une ligne éditoriale cohérente lorsqu’on est amenés à tweeter sur des sujets qui n’intéressent pas forcément tout le monde ou dans des sphères au degré d’intimité différentes (cela permet aussi de gérer des ‘tribus’ différentes).
Outre le danger de la publication réputée anonyme, qui permet de dépasser les bornes et se retourne contre l’auteur lorsqu’elle est, accidentellement ou pas, rendue accessible à tous, utiliser des identités différentes sur les différents services représente pour moi la perte d’une richesse supplémentaire, du petit plus qui ferait la différence dans le cadre d’une recherche d’emploi.
Je reste persuadée que l’image qu’on façonne de soi en ligne est composée de petites touches, tantôt professionnelles, tantôt plus personnelles, dévoilées au gré des supports, savamment protégées ou pas… Et multiplier les profils revient à diluer cette image.
Là où je rejoins Jacques, c’est sur la cohérence et la prudence, qui doivent être de mise, parce qu’on ne se construit pas une image en un jour, et qu’il faut choisir sa ligne éditoriale, l’assumer et la maintenir sur le long terme en prenant soin de ne laisser que des empreintes neutres, sinon positives, lors de nos passages sur les différents services.
Et c’est là, en amont de la mise en oeuvre de cette création d’identité numérique qu’il convient de se poser les bonnes questions : qui suis-je et que puis-je/dois-je mettre en avant pour atteindre quels objectifs ?

En fait en plus de 140 caractères on est d’accord.
Pour préciser, je te rejoint complétement. La plus part des gens utilisent Facebook de manière imprudente ou inconsciente.
Quand je parle de cloisonnement c’est effectivement comme tu le suggères.
Eh ben voilà…