Les Relations Presse pour les Nuls

Depuis que je passe régulièrement « de l’autre côté » en tant que correspondante Frenchweb pour la Côte d’Azur, je constate que beaucoup d’entreprises, startups ou pas, ne maîtrisent pas les fondamentaux des relations presse. Pourtant, ce levier de la communication présente l’immense avantage d’être peu coûteux, voire gratuit pour peu qu’on s’y investisse, tout en permettant d’obtenir de vrais résultats en terme de notoriété.

Lire la suite

De la vraie fausse démarche « sociale »

On en parle partout, c’est la grande mode, ça n’aura échappé à personne : nous sommes dans l’ère de la création de liens, de l’authenticité, de la proximité.

Les marques sont désormais accessibles, et là où nos parents pouvaient tout juste envoyer un courrier à un service client (avec une preuve d’achat et le code barre découpé sur l’emballage du produit objet de la plainte), nous pouvons aujourd’hui interpeller les marques et, mieux encore, en attendre légitimement une réponse.

Youpi… (j’ai un peu de mal à être enthousiaste, vous m’excuserez de ce mauvais esprit).

Sans doute suis-je désabusée, mais j’ai quand même l’impression d’un grand foutage de g….e.  Je ne dis pas que toutes les marques sont à mettre dans le même panier, ni que tout cela ne part pas d’une très bonne intention. L’empowerment de l’utilisateur, le crowd-sourcing, autant de concepts qui apportent de la richesse aux marques qui savent le mettre en oeuvre.

Sauf qu’à voir fleurir les pages Facebook utilisées pour diffuser des opé de comm’, les comptes Twitter qui relaient des communiqués de presse, je m’interroge sur la réalité de la démarche au sein des entreprises.

Les marques qui investissent les médias sociaux ont elle instauré, en interne, une politique d’entreprise qui sensibilise les salariés à la démarche sociale globale ? Y a t’il une véritable recherche de proximité et d’authenticité ?

Ou s’agit-il de story-telling, de ‘social washing’, tout comme on a vu fleurir ces dernières années le ‘vernis écologique’ ?

J’aurais tendance à privilégier cette seconde option. Reste à savoir à présent combien de temps le vernis social tiendra avant de s’écailler.

Les 8 impacts du digital sur nos comportements

J’ai participé, la semaine dernière, à l‘Université d’Eté de la Communication pour le Développement Durable. Non pas que je sois une écologiste activiste mais j’ai été invitée à remplacer Greg, qui avait malencontreusement pris cet engagement le soir où il organisait également la soirée d’anniversaire de son blog joliment nommée ‘We are not influencial‘.

J’ai donc eu la chance d’assister, jeudi après-midi, à un atelier fort intéressant sur la « junk information », avec Pierre Haski de Rue89 notamment, et d’intervenir vendredi matin lors d’un atelier traitant des digital natives. Les autres intervenants de cet atelier, animé par la pétillante Anne Sophie Novel, d’Ecolo Info, étaient Anne Marleix, fondatrice de Terra Project, spécialisée en communication autour du développement durable et édition de supports éducatifs, et Frédéric Winckler, CEO de JWT Paris.

C’est une étude de ce dernier, que vous pourrez retrouver sur son blog, qui m’inspire cet article aujourd’hui, puisque pendant 2 ans, les équipes de JWT se sont penchées sur l’étude des comportements humains, à la croisée de la sociologie, de la psychologie et de la publicité, pour voir ce qui a changé dans nos comportement grâce à (ou à cause de) la présence du digital dans nos vies.

Voici donc résumés les 8 principaux points de cette étude :

  1. L’immédiateté : Le « power of now »
    • Les digital natives (et les « digital immigrants » que nous sommes) ne supportent pas d’attendre. Habitués à être connectés en permanence (et pouvoir ainsi entrer en contact avec ses proches, obtenir une information, accéder à un service), ils sont à la recherche de la gratification immédiate, de la satisfaction rapide de ses besoins, et développent facilement des syndromes « addictifs ».
  2. L’indiscipline : Pas de loi pour m’interdire
    • Le digital a fait disparaître les sources d’autorité déjà mises à mal dans la vie ‘réelle’. Les digital natives ne reconnaissent plus l’autorité des enseignants ou de leurs parents et considèrent que les interdits n’existent que pour être remis en cause (NDLR : Je n’ai pas l’impression que ce rejet des règles soit propre à la nouvelle génération, cependant).
  3. Le narcissisme : Etre « moi m’aime » avec mes semblables
    • Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, l’arrivée du digital et ses possibilités de se connecter avec des personnes à l’autre bout du monde n’a pas favorisé outre mesure l’ouverture aux autres des nouvelles générations, mais plutôt un recentrement sur des communautés ‘tribu’, où les membres se reconnaissent par une conformité de goûts, de mode de vie, d’idéaux. Le digital a contribué à la croissance de ces communautés, mais c’est avant tout pour l’image qu’elle leur renvoie que les digital natives la constitue (façon « dis-moi qui sont tes amis, je te dirai qui tu es »).
  4. L’omniscience : Je sais tout
    • Au delà de l’autorité de fait, c’est également l’autorité de compétence, l’autorité du ‘savoir’ qui est mise en cause. L’accès à l’information n’étant plus un privilège, c’est au final quand elle provient d’une source « sure » (ie un membre de sa tribu) qu’elle trouve toute sa valeur, et non plus quand elle est énoncée par une référence en la matière.
  5. La recherche d’émotions : Emotion centric
    • Lié au point 1 de la ‘gratification immédiate’,  le besoin d’émotion forte, de sensation, d’émotion de l’internaute. Devant la multiplication des messages, des sites, des formats, des visuels, dans son zapping permanent l’internaute s’attarde sur ce qui lui procure une émotion, ce qui lui raconte une histoire.
  6. La simplification du message  : Eloge du raccourci
    • Mise à jour de statut, langage sms, smiley, abréviations,… autant de façon de remplacer une information par une courte série de caractères bien suffisants pour s’exprimer. Probablement lié à la masse d’informations  dont nous sommes bombardés en permanence, ce phénomène contribue à l’accélération de l’information, essentiellement constituée d’accroche et dont le contenu devient accessoire.
  7. La gratuité : Je m’en paye… si c’est gratuit
    • L’apparition de la gratuité, avec les nombreuses offres ‘freemium’ qui fleurissent en ligne, a fortement marqué la génération des digital natives, à qui il faut fournir une « bonne raison » de payer et surtout, la possibilité de tester sans engagement.
  8. Le consopouvoir
    • Conséquence des 7 points précédents, le consopouvoir nait de la possibilité offerte à l’internaute de comparer, partager, critiquer, le tout publiquement, les produits et les marques. Plus moyen de rappeler des produits défectueux en douce, ou de rouler les bleekin dans la farine, sans risquer sa réputation.

Pressé, indiscipliné, narcissique, omniscient, omnipotent, en recherche d’émotion, de simplification et de gratuité, voilà donc l’instantané qui ressort de cette étude….

Vous vous y retrouvez, vous ?