Métiers du web : De la confusion des genres
Il n’est pas une semaine qui passe sans que je sois confrontée à la difficulté d’expliquer mon métier et ceux des partenaires que je cotoie dans les cadre de mes missions.
Et a priori, je ne suis pas la seule, la confusion des genres semble être générale. Le terme ‘agence conseil en communication’ est appliqué tantôt à des webagencies, tantôt à des sociétés spécialisées en référencement, voire à des spécialistes de l’email marketing. Même le gouvernement s’est fendu d’un portail sur les métiers du web, histoire de clarifier la chose.
Cette confusion est entretenue par les sociétés qui étendent leurs métiers à l’ensemble des disciplines du marketing web pour rassurer leurs clients. Soyons francs, quelle société de 5 personnes peut affirmer regrouper l’ensemble des compétences potentiellement nécessaires à la mise en oeuvre de n’importe quel projet web ?
Elles sont nombreuses, ces compétences… Chef de projet, concepteur, ergonome, rédacteur, référenceur, designer, intégrateur, développeur, trafic manager, social media manager, community manager, digital media planner, voire flash designer ou specialiste vidéo…
De là à dire qu’il faut une agence de 30 personnes minimum pour réaliser un projet web, il n’y a qu’un pas. Que je ne franchirai pas.
Non, il n’est pas toujours nécessaire d’avoir d’énormes équipes pour mettre en oeuvre un projet web. Oui, certaines petites équipes arrivent à de très bons résultats, parce qu’elles sont composées de personnes aux compétences multiples, capables de se remettre en question, qui pratiquent une veille suffisante pour savoir où trouver les solutions… et qui sont surtout suffisamment conscientes de leurs limites pour les exposer clairement au client et leur proposer l’intervention de spécialistes quand c’est nécessaire.
Mais c’est loin d’être le cas de beaucoup d’agences qui se prévalent de maîtriser l’ensemble des maillons de la chaîne et préfèrent mal exécuter une prestation (et la facturer) plutôt que de faire appel à un freelance (et le payer, donc
).
Clairement, entre la difficulté pour les non-initiés de comprendre les différents métiers du web, l’obscurantisme de certaines agences, le manque de clarté involontaires de certains prestataires incapables de se définir précisément, ces agences au discours bien rodé semblent convaincre.
La question qui se pose, c’est « combien de temps ? ».
Je croise tous les jours des « déçus du web », patrons de PME, qui m’exposent leur déception face aux budgets (énormes) qu’ils ont (mal) investis dans le média web et le faible retour sur investissement, des entrepreneurs persuadés que « le web ne sert à rien » parce qu’ils se retrouvent avec un site qui n’est pas conçu pour atteindre des objectifs qu’ils n’ont même pas eu l’occasion d’exprimer, des responsables marketing qui me demandent un audit d’un site nouvellement mis en ligne qui ne ‘transforme’ pas.
Je n’irai pas m’en plaindre. Bien souvent, ce sont ces entrepreneurs eux-mêmes qui ont saboté leur projet, en n’y attribuant pas les budgets nécessaires, en n’anticipant pas correctement les implications structurelles et logistiques d’un projet d’envergure, ou en confiant la réalisation de leur site au fameux « neveu de la secrétaire qui bidouille pour pas cher ».
Je sais juste que de plus en plus de managers et chefs d’entreprises sont sensibilisés aux implications d’un projet web dès leur formation. Que nombreux sont ceux qui s’y sont déjà brulés les ailes. Que les responsables marketing sont souvent compétents en gestion de projet web et en tout état de cause, suffisamment formés pour en connaître toute la valeur stratégique.
Les petites agences conseil généralistes vont devoir consolider leur offre. Se spécialiser ou étoffer leurs équipes. Parce que clairement, l’heure de l’à peu près est passée.
Et tant mieux.
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- Entreprise : Petite et fière de l’être. | So... what ?!?! Blonde outside, geek inside - [...] a little company, now act like one », peu de temps après que j’aie écrit celui-ci, où j’expliquais que pour moi, ...

Peut-être que tu devrais « regarder » de que signifie « Agence », qu’il ne faut pas confondre avec « studio » qu’une Agence peut intégrer ou non ! Et ce qui expliquerait pourquoi il existe de très bonnes agences de « 3 personnes »
Luc-Olivier Lafeuille a récemment publié… Études – Le Marché du Mobile en 5 approches comparatives
Et je n’ai jamais dit le contraire
Les agences que j’evoque ici sont justement celles qui affirment intégrer l’ensemble des compétences (y compris un studio, et puis aussi un pole développement, un ergonome, une équipe de référenceurs, un media planner, un specialiste des réseaux sociaux, etc…), le tout concentré sur 5 personnes.
Je connais des agences de 3 personnes qui disposent de l’ensemble des compétences pour la partie stratégique et qui font appel à des freelances spécialisés, un studio externe, ou des prestataires divers pour l’exécution.
Je connais aussi des entreprises dont le site, créé et mis en oeuvre par une équipe de 3 personnes, remplit ses objectifs.
Mais je ne connais pas d’équipe de 3 personne capable de concevoir, développer, référencer, maintenir, animer et promouvoir sur l’ensemble des canaux (SEO, SMO, SEA, epub, emailing, affil’, etc) un site d’envergure sans faire appel a des compétences externes.
Ok, mais le terme d’Agence Conseil s’est toujours appliqué à des « services » de tailles et d’éclectisme très variable. Tous les projets n’ont pas besoin de l’ensemble des compétences qui existent dans les métiers de la comm’. Un grand nombre de dossiers de TPE et PME s’est toujours limité à quelques savoir-faire. Pour autant, est-ce que cela signifie que ces structures n’auraient pas dû avoir le droit de s’appeler « Agence Conseil » ? Décale un peu le problème sur d’autres corps de métier. Tous les architectes s’appellent des architectes. Tu as de milliers de petit cabinet et quelques très gros qui embarquent beaucoup de spécialités.
Et puis, il y a un autre aspect à ne pas négliger. Tu dis être confronté à la difficulté à expliquer ton métier. C’est beaucoup plus simple pour un Chef d’Agence d’expliquer au client qu’il s’occupe de tout ce qui affaire à son dossier (les clients ne veulent pas se prendre la tête le plus souvent) que de pour un chef de Studio d’expliquer au client qu’il va prendre en charge une partie du dossier et qu’il faudra en amont mettre en œuvre des stratèges et en aval des diffuseurs.
Enfin, voilà ce que j’en dis de ce que j’ai un peu lu entre les lignes de ton billet, mais peut-être que j’interprète mal (ou lit mal peut-être aussi) ce que tu y as dit.
Luc-Olivier Lafeuille a récemment publié… Études – Le Marché du Mobile en 5 approches comparatives
Il s’est toujours appliqué, et je ne désapprouve pas son utilisation.
Pour etre plus claire, les métiers du web sont de plus en plus pointus, et toutes ces ‘agences conseil’ qui n’ont au final qu’une ou deux compétences principales (comme le webdesign et dev) et pratiquent le reste en amateur vont devoir se staffer pour offrir des prestations de qualite ou se limiter a leur vraie specialite. Parce que definitivement, les annonceurs ne se contenteront plus d’amateurisme.
Je crois que tu n’as pas lu entre les bonnes lignes
Ok. Je n’avais pas vu l’angle du : arrivé de dev web pour finir par proposer des services en amont et en aval sans en avoir les compétences … et ne pas les professionnaliser. Le phénomène est d’ailleurs comparable avec les néo-médiatisateurs « sociaux » ou avec les ancestraux imprimeurs, réalisateurs photographes qui cherchaient à prendre sur la chaine au dessus ou en dessous — ce qui est « assez légitime ».
Bien, vu. Merci pour cette discussion intéressante.
À bientôt
Luc-Olivier Lafeuille a récemment publié… Études – Le Marché du Mobile en 5 approches comparatives
Ravie d’avoir échangé avec toi.
A bientôt.
Sophie Gironi a récemment publié… Métiers du web – De la confusion des genres