Joignabilité ?

Un sondage sur le blog de l’excellent L-tz me rappelle une réflexion que je m’étais faite, il y a quelques semaines.

Lorsque j’ai commencé à travailler (il y a 13 ans), le téléphone portable n’existait pas et je ne trouvais pas choquant qu’on me précise, en me confiant un poste : « Pas d’appels personnels sur ce numéro ».

Puis sont apparus les téléphones mobiles, internet, les différents logiciels de chat, les blogs…

En 13 ans, les mentalités ont évoluées. Surtout chez les « jeunes » (mon Dieu, je me vieille-connise) qui ne comprendraient pas qu’on leur interdise l’utilisation de leur téléphone portable pendant les heures de travail, vu qu’au lycée, ils passent leurs interclasses rivés à leur appareil fétiche, et qui n’apprécient pas vraiment qu’on les prive de leur MSN-chéri.

D’autant qu’utilisés à des fins professionnelles, MSN, ICQ ou Gtalk permettent une communication non-intrusive en direct et un gain de temps non négligeable. Idem pour le téléphone portable qui permet de joindre ses collaborateurs à tout moment.

La frontière entre travail et vie personnelle s’amenuise de jour en jour. Certes, pas quand on travaille en usine sur une chaine de production… Mais dès qu’on occupe un poste du secteur tertiaire, a fortiori un poste basé sur une production ‘intellectuelle’, un poste de cadre ou consultant, il est facile d’emmener du travail à la maison (puisqu’on a souvent tout dans la tête), tentant de checker ses mails pro le dimanche soir (histoire d’arriver au bureau lundi avec toutes les infos en tête), pratique de pouvoir interroger un collègue en vacances lorsqu’il apparaît sur MSN…

En terme de veille également… Un développeur qui lit des forums spécialisés dans son salon est-il entrain de travailler ? Un marketeur qui surfe sur les blogs de buzz au bureau s’amuse-t’il ?

La vie perso et la vie professionnelle se mêlent en permanence, quoi qu’on en dise, et c’est dans le sens de l’histoire, ne serait-ce que pas les avancées technologiques qui nous rendent joignables à tout moment ou nous permettent de travailler depuis notre salon, notre lieu de vacances ou le bureau d’un client.

Difficile dans de telles circonstances d’interdire l’accès à sa messagerie privée ou à son blog à un salarié pendant les heures de travail.

4 Comments

  1. Intéressante réflexion, effectivement la frontière est de plus en plus mince… Pour peu que tu montes ta boîte, et tu n’as quasiment plus d’instants persos…

  2. Exactement. Perso, je pense que je travaille 24h sur 24. Parce que quand je ne ‘produis’ pas, je suis tout de même en éveil, joignable ou à même de réfléchir à des problématiques globales qui seront peut-être les bases d’une reflexion professionnelle poussée dans tel ou tel domaine.
    Si j’étais salariée, je vois mal comment on pourrait me reprocher d’utiliser msn à des fins persos (dans les limites du raisonnable), sachant que mon cerveau lui ne s’arrête pas de travailler quand je quitte le bureau.

  3. Il y a une étude americaine qui montre que les salariés passent en moyenne 2 heures par jour a des fins perso sur internet. Ca a fait grincer les dents de nombreux dirigeants!

  4. Ces deux heures « perdues » sont les mêmes que passaient les collègues de ma mère (que ça rendait foooolle) à : remplir leurs feuilles de sécu, téléphoner à leur garagiste, réserver un hôtel pour le week-end, chercher un numéro à usage perso sur le minitel, etc…
    Je crois que maintenant, c’est juste plus « mesurable », mais pour moi, le phénomène n’est pas nouveau et je ne crois pas que la productivité mondiale soit différente aujourd’hui, ni en mieux, ni en pire. Les outils nous permettent de travailler différemment, et le temps gagné par l’utilisation de l’informatique n’est rien par rapport à ces « détournements » perso…
    Et puis de toute façon… faut bien qu’ils grincent des dents pour quelque chose :D