Du plus beau job du monde…

… et des relents de manipulation publicitaires qui viennent à mes narines.

Je vous refais le pitch : l’Ile d’Hamilton, en Australie, a lancé un recrutement très particulier de « gardien d’île ».  Le job est payé royalement (un peu plus de 70.000 euros pour 6 mois de boulot) et consiste à se balader sur l’île, plonger, faire des vidéos, prendre des photos et écrire des articles sur le blog lancé à l’occasion, gîte et couverts somptueux compris.  Un site a été lancé, et des milliers de candidats ont été invités à envoyer des vidéos pour soutenir leur candidature.

Jusqu’ici, je trouvais le concept très intéressant. Pour le prix de petites annonces « offres d’emploi » dans les plus grands quotidiens du monde entier (nettement moins cher qu’un plan média à la même échelle), l’Office du Tourisme d’Hamilton a réussi à créer le buzz. Les journaux en ligne puis la presse et la télé s’y sont intéressés, France 2 y a même consacré un reportage dans « Envoyé Spécial » il y a quelques semaines. Un reportage intéressant sur l’île, les conditions de travail du futur embauché et le portrait de 2-3 candidats français (à la charge de la chaîne de télé, tout bénéf’ donc pour l’organisateur).

Jusqu’ici, tout va bien. Même si je trouvais l’approche de l’un d’entre eux, « Ben », particulièrement professionnelle, et que j’étais étonnée qu’on puisse autant y croire et se démener à ce point pour obtenir un job…

Puis, l’autre soir, les 16 candidats retenus ont été annoncés. Et, dans mon journal télévisé préféré, j’ai vu apparaître Ben, qui avait, pour l’occasion, réunis famille et amis chez lui. Il attendait anxieusement un coup de fil et lorsqu’il est arrivé, ce fut l’explosion de joie, notre Ben national avait été retenu. Et… là… comment dire… J’ai commencé à me dire qu’il était quand même étrange que sur tous les candidats français qui n’ont pas manqué de se présenter, c’est justement à lui que France 2 avait consacré un reportage, quelques semaines auparavant. Je me suis même souvenue, soudain, que les organisateurs du recrutement avait brièvement évoqué sa candidature, dans la partie du reportage qui présentait les équipes chargés de repérer les candidats, histoire de titiller la curiosité des téléspectateurs… Et là, c’était chez lui que les caméras télé étaient installées, justement, le soir des nominations…

Je sais pas vous, mais pour moi, le coup de buzz façon « recrutement » commence à tourner à l’opération de communication massive. J’aimerais bien savoir comment les médias de nos voisins européens ont abordé le sujet, mais je ne serais pas étonnée de découvrir qu’il y avait un candidat « phare » dans chaque pays, un monsieur tout le monde destiné à faire rêver ses concitoyens, histoire de mieux amorcer le buzz en donnant aux journalistes un candidat en patûre…

A moins que je sois blasée et que je voie le mal partout ?

4 Comments

  1. arf trop drôle…j’ai pensé la même chose en le voyant s’exclaffer devant la caméra en recevant son coup de fil/coup de pouce??!!

  2. Je suis du même avis, mais nous aurons une réponse un jour ou l’autre peut-être par le biais de l’autre concurrente à moins qu’elle ai fait partie elle aussi de la combine. En tous les cas plus le temps passe et plus il y a de chose non naturelle ou spontanée que l’on essai de nous passer comme tel.

  3. Je pense que la plupart des concurrents ont été présélectionnés pour que justement, il y ait un candidat « marketinguement » capable d’intéresser les foules de chaque pays cible de la campagne…
    Juste très bien pensé, ce buzz là, je pense que la plupart des gens n’y ont vu que du feu !

  4. Ici les gens en parlent beaucoup… Je ne pensais pas que c’était suivi autant en France ! M’en vais voir ce Ben tiens…