De la conception d’un site : 3 pièges à éviter
Ce billet va friser l’affligeante banalité d’une Lapalissade, mais je constate chaque jour qu’en matière de conception de site, les basiques sont souvent oubliés, voire méconnus… Et si on y ajoute la facheuse tendance des agences/webdesigners/concepteurs à ne pas vouloir s’opposer à leur client, on comprend l’apparition de sites certes jolis mais totalement inefficaces en terme de transformation (non, je ne montrerai pas d’exemples
).
Il s’agit donc, dès l’étape ‘conception’, d’éviter de tomber dans les pièges souvent tendus par l’annonceur qui, s’il connait parfaitement son métier, n’a parfois aucune idée des principes de base du webmarketing (et soutiendra souvent dur comme fer que ces demandes sont légitimes et bien fondées) :
Piège n°1 : « Il nous faut une page d’intro en flash ».
Ouille. Effectivement, c’est joli. Effectivement, c’est une habitude dans certains domaines (notamment les milieux artistiques et l’hotellerie du luxe). Mais c’est également la meilleure façon de perdre 50% de ses visiteurs… sans parler du référencement ! Il vaut mieux réserver le flash à des fins d’illustration, sur une homepage riche en contenu, qui permettra à l’internaute de trouver immédiatement l’information qu’il est venu chercher sur le site.
A ce sujet, c’est dès la homepage qu’il faut présenter ses produits/services, avec un argumentaire commercial et les liens vers un contenu plus détaillé… A vrai dire, il serait même pertinent de la concevoir immédiatement comme une page « produits », et d’éviter ainsi la page d’accueil « passerelle » inutile.
Piège n° 2 : « On s’occupera du contenu du site après son développement ».
Non, c’est dès la rédaction du cahier des charges qu’il faut y penser. Ca n’est qu’en connaissant la nature des contenus qu’on souhaite diffuser, en les ayant déjà segmentés et hierarchisés, qu’on peut concevoir un site efficace, qui fournira aux internautes (et aux moteurs de recherche) les informations les plus importantes dès les premières pages, avec une navigation pertinente et significative (loin du traditionnel « La Société | Les Produits | Nous contacter »).
Dans le même ordre d’idée, réfléchir au wording et à la manière d’intituler l’ensemble des rubriques du site dès la conception permettra d’éviter d’avoir à se poser la question plus tard et de créer une structure vraiment adaptée à son contenu.
Et il ne s’agit pas de récupérer les contenus de la plaquette ‘papier’ de l’entreprise et de les coller sur le site. Bien que les rédacteurs/agences d’aujourd’hui aient une approche de plus en plus anglo-saxonne en terme de rédaction, les contenus d’un site doivent être spécifiquement conçus pour cet usage. Les règles sont relativement simples, quand on sait que lire un texte sur un écran représente 25% de temps en plus par rapport au même texte sur papier :
- utiliser le principe de la pyramide inversée (partir du général vers le particulier, du point important vers le point de détail),
- structurer le texte en petite ‘portions’ plus digestes (faire des paragraphes courts, notamment),
- utiliser des repères visuels pour attirer le regard sur les points importants (texte en couleur, en gras, etc…),
- supprimer les effets de style pour aller directement à l’essentiel.
Piège n°3 : « Je veux de la musique/vidéo sur mon site ! »
L’ajout d’une vidéo pour présenter un produit est un plus non-négligeable et peut devenir un excellent booster de transformation à condition d’être utilisé à bon escient et de venir compléter un contenu existant, pas le remplacer (par exemple avec des démo de présentation de certains produits).
La vidéo de présentation de la société ou la musique qui se déclenchent dès le chargement de la page, en revanche, c’est NON. Il n’y a rien de pire pour un internaute que de se retrouver avec une musique ou la bande son d’une vidéo qui se déclenche sans prévenir et le pousse à vite fermer son navigateur.
Des Lapalissades, je vous avais prévenu. Certains diront que ça ne sert à rien de le dire, je prendrais le parti de penser que ça va mieux en le disant… non ?

ça va mieux en le disant !
Merci Nat
Et pour les webdesigners qui veulent absolument sonoriser leur site par défaut, pensez au moins à mettre un bouton Mute visible, bien visible. Sinon, c’est effectivement la garantie d’une perte de trafic irrémédiable et significative !
Ca semble pourtant évident mais…
Dans la boite où je bosse, je grogne à longueur de temps sur le principe suivant : dès que le client a signé on met son site en ligne… même s’il n’y a aucun contenu
Blog SEO – Vince a récemment publié… SEO et sciences du langage 1-2
Des Lapalissades, certes, mais bien que l’on se tue à le répéter depuis plus de 10 ans certains n’ont toujours pas compris.
Merci de rappeler ici ces quelques fondamentaux.
Dugomo a récemment publié… Demarcqnet
Tout à fait raison, dommage que parfois ce soit une galère de le faire comprendre au client…
digalbondiga a récemment publié… 1 in 8 Americans have worked at McDonalds!
C’est bien tout le souci… Diplomatie, franchise… et se retenir de lui dire que quand il va chez le dentiste, c’est pas lui qui dit au dentiste quoi faire, même si on en a très envie
Sophie Gironi a récemment publié… Entreprendre – 5 conseils plein de bon sens
Pire que la page d’accueil en flash, et encore très fréquent également: le site entièrement en flash! Demande ventant d’ailleurs souvent de prospects totalement hermétiques aux arguments que sont le référencement et la compatibilité, mais aussi, on a tendance à l’oublier, la simplicité de mise à jour des contenus.
hugo a récemment publié… Tweets du 2010-08-12
Bonjour Hugo ! Effectivement, le full flash reste encore (trop) présent…
C’est vraiment pas des lapalissades, vu les sites meme de societes du CAC40 « qui tombent dedans »
En sus, ces pages plein de flash et autres gadgets sont « lourdes » en ko et quasiment inutilisables loin du serveur. A Taiwan, le site de l’Oreal (France) par exemple est quasi impossible a ouvrir…
A vrai dire, je me demande même si c’est pas les plus gros qui tombent dans les plus gros piéges.
Peut etre parce que leur site n’est qu’une infime partie de leur comm’, contrairement aux PME qui doivent optimiser cet investissement généralement conséquent.